C comme…

2 octobre 2010

Les amours imaginaires

Classé dans : Uncategorized — Cyril Legann @ 12:36

Auréolé d’un statut de petit surdoué, Xavier Dolan me donne moins de complexes avec son nouveau film, étrangement, qu’avec le précédent J’ai tué ma mère, et ce malgré sa sortie sur 100 copies, un exploit pour une production aussi indépendante.

Si son premier film impressionnait de maturité pour son jeune âge, celui-ci ne montre finalement pas une grande évolution, surtout en comparaison de l’enthousiasme critique qu’il suscite.

Ce triangle amoureux non consommé au style très emprunté (on pense à  Greg Araki, Wong Kar Wai, Almodovar, François Ozon et tant d’autres…) n’est pas déplaisant, et plutôt maitrisé techniquement, mais une impression de creux subsiste.

Les atermoiements amoureux des deux protagonistes béats d’admiration face à leur objet de désir finissent par lasser, et au risque de paraître un brin trivial, on se demande quand est-ce qu’ils vont finir par baiser. On peut attendre longtemps. Alors c’est un film sur la frustration, et en cela on peut saluer une honnêteté qui frise parfois l’embarras tant le réalisateur et aussi comédien principal se met en scène dans des situations fort peu avantageuses (scène de masturbation, plans disgracieux, …)

C’est dans l’écriture que le bas blesse, et on voudrait croire à l’improbable hyper complicité du trio mais aucune scène ne le montre vraiment. La comparaison avec Threesome (Deux garçons, une fille, trois possibilités) est assez cruelle, pour un film aux ambitions artistiques pourtant limitées, mais qui parvenait à nous faire croire aux sentiments des personnages. Ici, ils manquent cruellement d’épaisseur, en particulier la fille, dont tout paraît factice, jusqu’à son style décalé.

Finalement, le plus intéressant c’est la façon dont Nolan parvient à retranscrire la fièvre du désir envers son apollon (invraisemblablement bien casté ), en particulier lors d’une séquence de montage où des plans de celui-ci alternent avec des dessins, croquis et statues de la Grèce antique, évoquant ainsi une tradition de la beauté masculine dans l’Histoire. Noble intention.

Mis à part ça,  le film souffre justement d’afficher trop d’intentions pour une inspiration plus limitée que sa réputation ne le suggère.

25 septembre 2010

Séance photo Johan Libéreau par Pierre et Gilles

Classé dans : Uncategorized — Mots-clefs :, , — Cyril Legann @ 10:10

Quelques images inédites de Pierre et Gilles au travail lors d’une séance photo avec Johan Libéreau en 2006

29 juillet 2010

Phénomènes Paranormaux

Classé dans : Critiques films, Horreur — Cyril Legann @ 3:33

Phénomènes Paranormaux Autant le dire tout de suite: The Fourth Kind, tragiquement adapté en français Phénomènes Paranormaux, entretenant ainsi une parenté inexistante et plutôt dissuasive avec Paranormal Activity , est un des films les plus durablement effrayants de ces derniers mois, voire de ces dernières années.

Comme l’impose le genre du « film-qui-fait-tellement-peur-que-des-gens-sont-morts-pendant-la-séance », cela tient à trois fois rien, ici c’est une chouette et un dictaphone qui remplacent les bâtons et la lampe torche de Blair Witch Project. Mais si le film joue effectivement la carte des images d’archives pour effrayer, il n’économise pas une vraie mise en scène hollywoodienne qui compense le manque de spectaculaire lié à la mode du tournage au caméscope en vue subjective.

Ce qui fait l’originalité du projet est le subtil mélange entre thriller parano, horreur pure et science-fiction. Ici pas une goutte de sang ou presque, pas une seule créature visqueuse, et pourtant on frissonne du début à la fin. La perversion du procédé est qu’il joue sur la crédulité du spectateur qui, s’il n’est pas averti que tout est fabriqué, y compris les archives, dans ce qu’on voit, peut légitimement se laisser aller à quelques crises de panique assez rarement éprouvées. Et si on rationalise parfois les évènements montrés, le tout est suffisamment bien emballé pour emporter les réticences.

Au final il n’y a pas de quoi crier au génie, mais on peut constater que Phénomènes paranormaux n’a pas à rougir face à d’autres concurrents du genre, présentés comme évènementiels, et pourtant bien plus décevant (à commencer par son presque homonyme). Le réalisateur également auteur, fut bien inspiré dans l’art d’arbitrer le plausible et le surréaliste pour nos infliger une bonne dose de frissons. Le choix des éléments de « peur » y est pour beaucoup : une langue ancestrale (le sumérien), des animaux inquiétants (les chouettes), une région toujours effrayante (la belle Alaska) et l’hystérie féminine, délicieux vecteur de folie toujours efficace. Il susurre ainsi une douce et terrifiante contine à notre subconscient et nous livre un divertissement de haute voltige, dont on ne sort pas forcément indemne…

20 juin 2010

The Human Centipede

Classé dans : Critiques films, Découverte, Horreur — Cyril Legann @ 4:58

Encore une preuve que le cinéma de genre européen est bien vivant et continue à nous abreuver régulièrement de petites perles dont les réalisateurs seront sans doute bientôt appelés par les studios hollywoodiens. Ainsi Tom Six est rapidement passé du statut d’illustre inconnu à celui de « it-boy » avec ce film au pédigrée impressionnant, générant un gros buzz sur le net et dans tous les festivals spécialisés dans le monde. Il faut reconnaitre qu’avec son pitch en or massif, Tom Six tenait le bon bout : deux jeunes américaines en vadrouille dans le pays de Goethe se font séquestrer chez un illustre chirurgien auprès duquel elles avaient requis de l’aide suite à une panne de voiture. Jusque là rien de révolutionnaire, sauf que le chirurgien en question est un expert dans la séparation des siamois et depuis peu il expérimente le processus inverse. Aussi se lance-t-il donc dans une grande opération pour créer un « mille-pattes humain ». Il n’en faut pas plus à notre Dr Frankenstein en herbe pour se servir des deux donzelles comme cobaye. Ainsi il va littéralement les greffer « la tête dans le cul » avec un troisième larron.

Ce qui interpelle dans le scénario, c’est qu’il s’affranchit rapidement des passages obligés et si quelques baisses de régimes interviennent à mi parcours, force est de constater que pour une première, c’est une réussite, et cela grâce à une mise en scène plus proche du cinéma d’auteur que de la surenchère spectaculaire. Ainsi on « voit » peu de choses, ce qui n’empêche pas quelques séquences bien traumatiques et un sentiment de malaise permanent rarement égalé.

Toutefois, comble de l’élégance, Tom Six, assumant parfaitement le mauvais goût de l’entreprise, marche toujours sur le fil ténu entre premier et second degré, ce qui en fait un véritable disciple « sadien », beaucoup plus que le « Salo ou les 120 jours de Sodome » de Pasolini.

Il est très clair que le bon marquis n’aurait pas renié cet expérience déjantée, vraisemblablement issue d’un esprit dérangé, et qui ne manque pas de susciter de vives réactions, y compris auprès du public le plus aguerri.  Et se dire qu’une suite est déjà dans les tuyaux nous réjouit au plus haut point !

Mention spéciale à l’incroyable comédien allemand, habitué de séries policières à la « Derrick » qui s’en donne à coeur joie dans le rôle du chirurgien. Son formidable abattage et sa sale gueule d’anthologie le placent immédiatement au panthéon des plus beaux sadiques au cinéma.

The human centipede

19 mai 2010

German release

Classé dans : Uncategorized — Cyril Legann @ 1:11

German poster for « Chemin de croix »

16 mai 2010

Freddy – Les Griffes de la nuit

Classé dans : Critiques films, Horreur — Mots-clefs :, — Cyril Legann @ 12:35

Depuis le très réussi Massacre à la tronçonneuse de Marcus Niespel en 2003, une série de classiques de l’horreur subit un « lifting » cinématographique avec plus ou moins de bonheur. Ainsi on a pu voir Amityville, La Colline a des yeux, Vendredi 13, la plupart produits par Michael Bay. Mais si le premier était assez formidablement rafraichissant, respectant le côté craspec et oppressant de l’original en ajoutant une stylisation et un rythme cohérents, ce fut moins le cas des suivants, plutôt poussifs.

On se demande comment Freddy n’était pas passé plus tôt à la moulinette, paraît-il que les ayants-droit voulaient s’assurer de la qualité du remake à venir, le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils ont manqué de flair.

Les fans du croquemitaine à la main gantée peuvent pleurer sur leur coffret intégral de la série originale car c’est un des slashers les plus affligeants jamais vus (surtout pour ce type de budget). La substance du film de Wes Craven est piétinée sans vergogne, la faute à un scénario ultra répétitif, sans enjeu et très mal embouché. Le casting est totalement raté, on se fiche d’ailleurs très rapidement du destin des personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres, et on en vient à regretter que Kellan Lutz, transfuge de la saga Twilight et nouveau poster boy des caleçons Calvin Klein, disparaisse au bout de 10 min.

Aucun frisson en vue, donc, et pas de rire non plus, pourtant caractéristique du personnage fantasmagorique et sadique de Freddy. Il est ici devenu une sorte de mastodonte surpuissant à la voix ridicule dont le rictus sardonique laisse place à des effets spéciaux maladroits qui le rendent totalement insipide. Où est passé Robert Englund et son masque en latex? Freddy n’a jamais été une franchise réputée pour la terreur qu’elle infligeait mais plutôt pour son côté grand-guignol et l’inventivité de ses meurtres.

La saga a cette particularité que les suites sont globalement plutôt réussies, notamment le second volet, et un autre réalisé par Wes Craven beaucoup plus tard, le très distancié Freddy sort de la nuit en 1995, juste avant de se lancer dans Scream, où le cinéaste entamait ce qui allait préfigurer le cycle auto-réflectif du genre.

Ici, le clown sombre devient un pervers sadique tout ce qu’il y a de plus 1er degré, avec notamment un élément honteusement démago qui ne trompe pas sur le caractère franchement obscène de ce remake, en faisant de Freddy un pédophile qui entrainait les enfants dans sa cave pour les photographier nus. Cette ancrage contemporain flirtant avec la sensiblerie est bien la preuve que les producteurs sont complètement à côté de la plaque.

A oublier, vite! et pourvu que Freddy ne ressorte pas de la nuit, en tout cas pas sous cette forme…

6 mai 2010

Eskalofrio

Classé dans : Critiques films, Découverte, Horreur — Cyril Legann @ 11:44

Parfois, au détour de ce qu’on appelait autrefois un vidéo club, détrônés petit à petit par internet, il nous arrive de faire de plaisantes découvertes, maintenant c’est sur les forums spécialisés qu’il faut se tourner. Ainsi ce petit film espagnol inédit chez nous mérite très largement le détour.

Le film démarre comme une histoire de vampire avec un ado qui craint le soleil du fait d’une maladie de peau, et est donc contraint de déménager avec sa mère dans une région reculée du nord de l’Espagne (oui ça rappelle un peu Twilight, mais la comparaison s’arrête là). Pourtant, au fur et à mesure de l’intrigue, on comprend que le véritable postulat horrifique ne viendra pas de l’ado en question mais d’une créature qui rode dans les bois autour du village. Ça pourrait paraître tarte sauf que la marginalité du garçon, formidablement interprété par le jeune Junio Valverde, va conduire les habitants de la commune à le soupçonner des crimes commis par la « chose » qui les cerne et dont la rencontre avec le héros ne manquera pas de piquant. Les « frissons » annoncés par le titre ne resteront pas une promesse en l’air.

On notera l’intelligente utilisation de la caméra subjective dans son sous genre la « vue du caméscope ». Ce dispositif embarrassant lorsqu’il est utilisé sur la longueur (Blair Witch, Rec, Cloverfield, …) devient particulièrement efficace l’espace d’une scène. On se dit d’ailleurs que Paranormal activity aurait été bien meilleur s’il s’était contenté de n’utiliser ce processus que pour les scènes de « surveillance » nocturnes plutôt que sur la totalité du film.

Alors certes l’histoire tourne parfois en rond et il n’y a pas de quoi se relever la nuit, mais la beauté des décors et la réalisation inspirée font de cette parabole sur la différence une découverte sinon indispensable, en tout cas très conseillée.

5 mai 2010

La Comtesse

Classé dans : Critiques films — Mots-clefs :, — Cyril Legann @ 1:33

J’envisage toujours les films réalisés par les acteurs avec une certaine appréhension, et ceux des actrices encore plus…

Il existe évidemment des contre-exemples cinglants (Clint Eastwood, Robert Redford, Mel Gibson, …) mais c’est surtout outre atlantique que ça se passe et il a fallu du temps à ces comédiens avant d’acquérir leur titre de gloire.

Les précédents films de Julie Delpy ne m’ont jamais parus attractifs, et autant le dire tout de suite, je ne les ai donc pas vus. En apercevant l’affiche de cette Comtesse, je ne fut donc pas saisi d’une irrepressible envie de me précipiter dans la salle, bien au contraire, imaginant je ne sais quelle mièvrerie en crinoline sous fond de prétexte historique, destinée à mettre en valeur une actrice en manque de metteur en scène.

Mais il faut bien avouer qu’en voyant la bande-annonce, mon attention fut davantage captée, et au gré des critiques souvent très positives, je me suis donc laissé tenter.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas une déception!

Cette histoire de comtesse sanguinaire dévorée par une passion irrépressible dresse Julie Delpy au rang de cinéaste absolument incontournable. Elle-même sujet de son propre film, elle irradie l’écran de sa froideur, toute consciente qu’elle est de son pouvoir de terreur qu’elle installe dès le départ, tout en prenant soin humaniser son personnage avec une rare finesse.

C’est là que se niche toute la réussite de cette Comtesse, comme tous les grands personnages de cinéma, elle joue sur plusieurs tableaux, à la fois reine macabre toute droit sortie de Blanche Neige et héroïne victime de sa passion façon La Reine Margot.

L’Histoire est une source inépuisable de mythes et de légende et c’est sans lourdeur que la réalisatrice aborde ici son sujet, avec révérence mais aussi détachement, insistant avec pertinence sur l’aspect incertain des « vérités » de l’Histoire. Elle s’interesse donc davantage à ce qui fait le coeur de cette fable romantique, à savoir le narcissisme au féminin, l’éternelle quête de la jeunesse chez la femme. Il faut avouer que c’est un sujet en or pour une comédienne, et qu’elle aborde avec frontalité et impudeur.

C’est donc 1h40 de pur bonheur jubilatoire savamment distillé dans une histoire où chaque aspect de la mise en scène est une étonnante et admirable réussite. De l’impeccable casting à la photographie d’une richesse inouïe, on est totalement bluffés par une Julie Delpy qui, au sommet de son art se permet en plus le luxe de composer l’extraordinaire musique.

On en ressort pétri de respect pour elle, et véritablement enthousiasmé devant cette co-production franco-allemande qui nous donne envie de rêver à ce que pourrait être un cinéma « européen »…

Les supplices de jouvencelles

Life during wartime

Classé dans : Critiques films — Mots-clefs :, — Cyril Legann @ 1:00
Etant un grand admirateur de Todd Solondz depuis ses débuts, son retour sur les écrans après six ans d’absence n’est malheureusement pas l’évènement que l’on était en droit d’attendre. A quelques jours de l’ouverture du festival de Cannes,  je me demande d’abord pourquoi le film ne fait pas partie de la compétition, surtout qu’au bout de 20 min de projection, on est plutôt séduits et ravis de retrouver ce réalisateur audacieux et rare. Cependant, son film précédent Palindromes m’avait déjà laissé perplexe et n’avait pas enthousiasmé non plus la critique. La faute à un procédé « lourdingue » (un personnage joué par plusieurs acteurs très différents) servant un propos archi convenu. On se serait cru dans du mauvais Gondry, ce qui est un oxymore pour moi…
Revendiqué comme une suite de Happiness , Todd Solondz cherche vraisemblablement avec Life during wartime à renouer avec la recette qui avait séduit son public des premiers temps. Malheureusement la comparaison avec le modèle s’avère cruelle tant il lui ressemble … en beaucoup moins bien. Comme il n’y a plus d’effet de surprise, ses provocations, plus soft et plus prévisibles, apparaissent comme du recyclage et on en vient à éprouver un certain ennui devant d’interminables scènes de dîners, de bar, de déjeuners, filmées avec la même froideur, le même montage estampillé « Sundance » du début à la fin. Peu de surprises, peu d’éclats, malgré l’investissement de comédiens toujours formidables (mention spéciale à Charlotte Rampling, presque trop « évidemment » géniale.
Solondz a beau remuer des thèmes aussi scabreux que la pédophilie, l’inceste, le racisme à travers une vision toujours hypra dépressive teintée d’humour noir, on finit par être indifférent à ces efforts vains. De là à dire qu’il est en panne d’inspiration depuis « Storytelling », son dernier grand film, qui date quand meme de 2000, il n’y a qu’un pas…


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Classé dans : Uncategorized — Cyril Legann @ 12:38

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